Pourquoi l’ASSIP ?

Après une tentative de suicide, de nombreuses personnes ne bénéficient pas d’un accompagnement thérapeutique spécifique, ou interrompent rapidement les soins proposés. Or, cette période représente un moment de grande vulnérabilité, où une intervention ciblée peut réellement faire la différence.

L’ASSIP n’a pas vocation à remplacer le suivi psychothérapeutique ou psychiatrique. Elle vient en complément, à un moment charnière du parcours de soins.

Une approche centrée sur le processus suicidaire

Contrairement aux approches classiques souvent centrées sur le diagnostic psychiatrique, l’ASSIP se focalise sur le cheminement qui a conduit à la crise.

  • L’approche narrative, qui permet à la personne de raconter librement son histoire et d’explorer son vécu dans un cadre sécurisant et bienveillant ;
  • La thérapie cognitivo-comportementale, qui aide à identifier les pensées, les émotions et les comportements qui ont participé au développement de la crise.

L’approche repose sur la théorie de l’action. Le geste suicidaire n’est pas envisagé comme une réaction passive à la souffrance, mais comme une tentative désespérée d’agir lorsque certains buts de vie semblent inaccessibles – se sentir aimé, réussir, être en sécurité, etc. En retraçant l’histoire personnelle qui a mené à cette situation, la thérapie permet de mieux comprendre les mécanismes sous-jacents de la crise.

Cette intervention se veut résolument collaborative. La personne accompagnée est considérée comme l’experte de sa propre histoire. Ensemble, thérapeute et patient·e retracent le fil du cheminement, identifient les impasses, et construisent de nouvelles perspectives.

Une méthode scientifiquement validée

Les résultats des études menées à Berne sont très encourageants. Sur une période de 24 mois, les personnes ayant bénéficié de l’ASSIP ont vu leur risque de récidive diminuer de 80%, et la durée cumulée de leurs hospitalisations psychiatriques liées aux idées ou aux actes suicidaires baisser de 72% par rapport aux soins usuels.

Déjà pratiquée en Suisse alémanique, ainsi que dans plusieurs pays européens et nord-américains, l’ASSIP est déployée en Suisse romande depuis 2019.